9. 16-17 Décembre 2002 – Signature de l’Accord Global et Inclusif 

  • 16-17 Décembre 2002 – Signature de l’Accord Global et Inclusif 
    • Signature de l’Accord global et Inclusif la nuit du 16 et 17 décembre 2002
    • 10 Femmes expertes sont cantonnées à l’extérieur, elles tiennent des banderoles 

SYNTHÈSE DU RAPPORT DES TRAVAUX DU CAUCUS DES FEMMES À PRETORIA

 Du lundi 02 au Dimanche 08 décembre : travaux en commissions avec 2 personnes déléguées par composantes pour les 3 commissions constituées deux semaines après la reprise des travaux des concertations de PRETORIA.

UNIFEM, sur demande expresse des femmes du CAUCUS et du rapport de madame Miranda TABIFOR, accorda une extension de prise en charge de deux semaines supplémentaires afin de permettre aux femmes de suivre, étape par étape le déroulement des travaux et de renforcer la dimension genre dans les travaux des commissions. Il y avait 4 commissions dont la Commission Armée, police et sécurité ; la Commission politique ; la Commission technique et la Commission de rédaction.

Les femmes sont arrivées à produire trois fiches techniques pour enrichir les échanges au niveau des commissions, et ce, malgré le blocage survenu au niveau du déroulement des travaux.  Il s’agissait notamment de :

  • La fiche technique n°1 adressée au comité de rédaction du projet de l’acte constitutionnel de transition et des autres textes y afférant
  •  La fiche technique n°2 relative aux mécanismes institutionnels de la promotion de la femme congolaise
  • La fiche technique n°3 adressée également au comité de rédaction de l’acte constitutionnel se focalisant sur la question électorale et l’attention particulière qu’il fallait accorder aux catégories femmes et jeunesse en tant qu’électorat majoritaire.

Les femmes ont également contribué aux travaux par un travail de sensibilisation et de plaidoyer.

Vendredi 05 décembre : le Caucus des femmes a échangé avec la jeunesse sur le processus en cours, depuis la signature de l’accord de Lusaka jusqu’à l’étape du Prétoria. Cet échange en vue d’informer la jeunesse à été faite sur l’initiative de la Jeunesse Congolaise en Action, en collaboration avec l’Association BANA-RDC.

Samedi 06 décembre : visite du président de l’UDPS, monsieur Etienne TSHISEKEDI, aux femmes du Caucus, suivie d’un séance de travail ; de même qu’un débriefing de la communauté congolaise de Johannesburg constituée de 33 églises de réveil et des groupes charismatiques conviés par le Bishop Daniel Muteba à BEREA. Débriefing sur le processus de paix au Congo, mené par mesdames EVE BAZAÏBA et ALPHONSINE BAUNI sur invitation du pasteur Thomas René KITUTU.   Cette rencontre a également permis de mettre en lumière l’énorme travail du lobbying fait par les femmes. La facilitatrice de l’UNIFEM, tenant au respect des termes de référence, voulait limiter les activités des femmes à PRETORIA. C’est donc à titre individuel que mesdames Bazaïba et Bauni ont mené cette opération. 

Semaine du 09 au 14 décembre : qualifiée de semaine décisive car elle appelait des actions de pression de grande envergure pour accompagner les composantes vers la signature de l’accord. Elles ont décidé notamment de :

          Rencontrer une fois de plus la médiation pour une séance de travail

          D’entreprendre des actions en direction des présidents des trois composantes, ayant en leur sein des forces combattantes et au besoin, de descendre à Kinshasa, Gbadolite et Goma pour des discussions

          Envoyer des groupes de 2 ou 3 femmes dans les différentes composantes, de manière informelle via les relations interpersonnelles,  afin de prendre le pouls des délégués à la veille de la plénière et jauger du degré d’engagement et de volonté des uns et des autres à aller vers un accord global et inclusif.

Lundi 09 décembre : les femmes du Caucus prennent part au point de presse visant à harmoniser les modalités de cogestion durant la période de transition en RDC avec un groupe des composantes (RCD, MLC, UDPS, PALU, CODEP…) avant la plénière dans l’après-midi informant sur la continuation des travaux en commission. On annonça également que les plénières reprendraient le mercredi 11 décembre.

Le Caucus a mis ce temps à profit pour, notamment, produire la dernière fiche technique relative aux questions électorales et obtenir l’autorisation de la police pour manifester devant l’hôtel Sheraton et sur Church Street. Mme Eve Bazaïba et Dr Marjorie de AAWP ont procédé aux démarches nécessaires en ce sens.

Mardi 10 décembre 2002 à 8 AM : une délégation de 3 femmes de AAWP vient en soutien et accompagnement aux femmes du Caucus dans leur manifestation. Les affiches et T-shirts reprenaient comme message :

  •  Les droits de la femme sont un droit humain
  •  Le Caucus des femmes congolaises pour un accord global et inclusif entre toutes les parties en négociation
  •  Nations-Unies et Union Africaine, nous voulons la Paix, le Développement et la Démocratie en RDC
  •  Les femmes Congolaises pour la Paix en République Démocratique du Congo
  • Sur les T-shirts en blanc, un seul message en anglais devant et en français derrière :
  • “DRC Women Mobilized for Peace and National Unity”
  •  « Les Femmes Congolaises Mobilisées pour la Paix et l’Unité Nationale ».

Certaines femmes, dont madame Chantal Malamba de la composante gouvernement et madame Monique NKande,  ont remis en cause la légitimité de madame Bazaïba et madame Marjorie à prendre ce genre d’initiative. Elles soutenaient que seule la facilitatrice de l’UNIFEM en avait le pouvoir. Pour d’autres, il ne s’agissait là que d’une volonté délibérée de saboter l’action des femmes. Le malentendu conduisit, notamment, à un long entretien en présence de deux membres de AAWP ; un rappel sur le fait que tout le monde était au courant de la manifestation la veille et que personne ne s’y était opposée ; que la date arrêtée pour celle-ci coïncidait avec l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et qu’en ce sens, sa tenue s’imposait. La conséquence en fut un report quant à l’heure de la manifestation. Initialement prévue à 8 heures, elle eut lieu dans l’ après-midi.

Du déroulement de la manifestation

À 14h30, les femmes se sont rendues à l’hôtel Sheraton où était logée la médiation. Il n’y avait aucune démonstration de force, aucun message incendiaire. Le moment fut solennel, on a accordé des interviews à la radio OKAPI et la radio catholique ELYKIA. Les femmes du Caucus ont contacté la médiation pour demander la permission de procéder à une séance de prière dans l’enceinte du Guest House Présidentiel ou dans la salle même des réunions, avant les travaux.

Avec l’aide de AAWP, elles ont inscrit sur des feuillets A4 « Si l’Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ». Citation du Psaume 127, verset 1.

Mercredi 11 décembre : le Caucus est informé de l’arrivée, dans la soirée, de la directrice de l’UNIFEM-Afrique centrale ; Madame Baudouine. La plénière a d’abord été reculée de deux heures, soit de 14 heures à 16 heures, puis reportée pour jeudi 12 décembre à 10 heures. Les femmes du Caucus, déjà présentes sur le lieu ont mis ce temps à profit pour tenir une prière œcuménique,  chrétiennes et musulmanes confondues, à quelques mètres de l’entrée principales d’abord et ensuite dans la salle même où se tiennent les plénières.  

Dans la salle, tout en priant, elles ont distribué ledit passage biblique et les messages de paix sur chaque table et sur les chaises, de manière à ce que chacun en ait une copie le jour suivant.  

Jeudi 12 décembre : dans la matinée, les femmes ont eu un long moment des prières pour soutenir la signature de l’accord global et inclusif. La directrice de l’UNIFEM a encouragé les femmes du Caucus et a, entre autres chose, souligné le rôle moteur que les femmes doivent jouer dans le processus de paix, évoquant l’exemple des femmes somaliennes qui ont enfermé les hommes dans un lieu pour qu’ils se parlent et trouvent des solutions aux problèmes qui les opposaient. Elle a proposé son aide au Caucus pour aider celui-ci à réussir le dernier round des concertations.  La demande du Caucus à son endroit fut de l’aider à envoyer des délégations des femmes vers les trois responsables des composantes belligérantes afin de débloquer nombre de choses. Mme Baudouine a exhorté les femmes à travailler en réseau avec d’autres femmes africaines et à réfléchir à la faisabilité des missions vers les présidents KABILA, BEMBA, et ONOSUMBA et de lui soumettre des propositions concrètes.  Les femmes ont constitué des équipes de trois pour les missions à entreprendre en direction de ces 3 présidents, ayant des forces combattantes en leur sein ; et quatre autres femmes  restèrent à Prétoria pour suivre l’évolution des travaux. Leur stratégie principale consistait à éviter d’avoir, dans les délégations,  des personnes dont la présence serait perçue comme un affront par ceux vers qui elles allaient. Une crevaison de pneu, au moment de quitter le Guest House, fut mise à profit par les femmes pour une action de sensibilisation,  encourageant tous les délégués et leur souhaitant la paix du Christ et un bon travail. Madame Eve Bazaïba resta prendre part à la plénière en sa qualité de déléguée au DIC. Différentes informations circulaient sur, notamment, les mécontentements des uns et des autres quant au partage des responsabilités  et à la question de la sécurité des animateurs dans la ville de Kinshasa. Les femmes ont invité les uns et les autres à l’amour, au pardon et à la réconciliation. Elles ont également contacté les responsables religieux présents aux concertations de Prétoria pour voir la possibilité de demander aux églises, au pays, d’organiser des séances de prières, vendredi et samedi, pour soutenir la signature de l’accord. La directrice de l’UNIFEM eut, dans la soirée, des entretiens avec différentes personnalités de la médiation et a invité les femmes à prendre un temps de prière.

Vendredi 13 décembre : les femmes se retirèrent pour un briefing et la prière, après le petit déjeuner. À 11 H, elles eurent une réunion avec l’Union Européenne. Elles ont été reçues par Mr ALDO Ajello, accompagné de deux autres experts de l’Union européenne. La directrice de l’UNIFEM a fait les présentations et a mis en lumière le travail de fourmi important, à travers la sensibilisation et le lobbying, abattu par les femmes. Monsieur Aldo Ajello a exprimé son indignation de voir que les femmes, bien qu’en première ligne dans la lutte, étaient presque absentes à la table des négociations et a, notamment, rassuré du grand intérêt de l’Union européenne et de ses services à Kinshasa pour les projets de reconstruction et d’appui à la consolidation de la paix.  La plénière prévue dans l’après-midi n’a pas eu lieu à cause des divergences majeures entre les différentes composantes.    

Samedi 14 décembre : ce jour fut l’avant dernier jour du séjour du Caucus à Prétoria, après que sa prise en charge par l’UNIFEM durant les négociations ait été prolongée 3 fois de suite. Dans la matinée, les femmes se sont réunies autour de leur facilitatrice et de la directrice de l’UNIFEM-Afrique centrale pour parler du suivi des actions du Caucus sur terrain après l’étape de Prétoria. Cette dernière devait retourner à Kigali le dimanche 15 décembre. Il a été question, entre autres, du briefing sur le refus des Maï-Maï de signer l’accord et deux femmes du Caucus se sont longuement entretenu avec monsieur Mulungula, un des membres de cette entité au DIC ; essayant, en vain, de le faire revenir à la raison. Celui-ci introduisit également une femme pour qu’elle intègre le Caucus pour le compte des Maï-Maï. Mais la mission du Caucus étant à sa fin, il fut promis aux Maï-Maï qu’une régularisation en ce sens aura lieu à Kinshasa, surtout que, le Caucus ne comptait, jusque-là, que des représentantes des composantes et non des entités.                     

Du suivi des actions sur terrain après la signature de l’accord

Depuis l’arrivée des femmes du Caucus à Pretoria, le travail a été réalisé sur un fond de malaise et de manque de confiance des unes envers les autres, simplement parce que certaines femmes s’identifiaient à WOPA et à Ellysée Dimandja comme point de départ de l’engagement des femmes dans le processus de paix ; alors que d’autres par contre s’accrochaient au Caucus (bien que celui-ci soit un programme de ladite plate-forme), en refusant totalement qu’on fasse mention de l’existence de WOPPA. Ceci a entraîné de la chamaille, des incompréhensions et la tendance d’écartement de madame Ellysée Dimandja du Caucus, à l’étape de Pretoria III.

Dimanche 15 décembre : pour des raisons de sécurité et de prise en charge, les femmes du Caucus ont déménagé de Holliday Inn Express vers Sunny Side avant de finalement s’installer à OPEN DOOR GUEST HOUSE sur Schoeman Street. Certaines annulations et reports des plénières impactaient lourdement leur agenda. Ne disposant pas des mêmes moyens que les délégués, qui eux pouvaient rentrer à l’hôtel entre deux annulations ou reports ; elles mettaient souvent ce temps à profit pour leurs actions. Le médiateur ouvrit la séance, cette nuit-là, en annonçant que le projet d’accord était prêt à 90%, mais qu’il restait encore quelques divergences à harmoniser. Et à ce stade, la médiation se demandait ce qu’il fallait faire, la partie sud-africaine étant prise avec le congrès de l’ANC qui commençait et qui expliquait l’absence du Président MBEKI. Cette déclaration provoqua un tollé de protestation au milieu des délégués. Les femmes, par la bouche de madame Marie BAPU, ont demandé que la médiation pointe du doigt l’une ou l’autre composante qui constituait un blocage dans l’avancement des négociations afin de la mettre devant ses responsabilités auprès de la population, en cas de non accord. Le médiateur suspendu la séance vers 3h dans ce climat de tension.

Lundi 16 Décembre : une rencontre entre le médiateur et les trois belligérants était prévue à 8h ce jour-là. Les femmes ont tenu une réunion après s’être reposées jusqu’à 9h et avoir pris leur petit-déjeuner. Elles convinrent, entre autres stratégies, de se lever et de fermer la porte à la composante qui déciderait de quitter la table des négociations sans avoir signé l’accord de paix. Elles décidèrent également de distribuer aux délégués des reliquats des affiches produites depuis l’étape de Sun City mais dont le message « Femmes congolaises mobilisées pour la paix et l’unité nationale » était encore d’actualité. Elles s’encouragèrent et se félicitèrent pour la détermination dont elles avaient fait montre, mais surtout pour la courageuse décision qu’elles avaient prise de rester à Pretoria jusqu’à la fin des travaux. Elles prirent un temps de prière à la fin de la réunion et se rendirent au Guest House Présidentiel vers 11h. La plénière initialement projetée vers 12h, puis 14h n’eut pas lieu ; la médiation et les 3 belligérants manquant à l’appel. Tous les délégués, présents dès 14H, repartirent à leurs hôtels pour le souper à 18h. Les femmes du Caucus, une fois de plus, restèrent au Guest House Présidentiel. Elles s’occupèrent à intercéder et méditer le Psaume 24 qui leur avait été donné comme message. Elles y étaient avec quelques journalistes et deux femmes déléguées de la société civile, de la province orientale.  La médiation et les trois composantes qui étaient en conciliabule arrivèrent à 23h.

À 24H, le médiateur procéda à l’ouverture de la séance et en présenta le programme. Il précisa qu’on procéderait par appel pour signature de l’accord et qu’on se conformerait aux listes de Sun City pour les composantes partis politiques et sociétés civiles. Le ministre MUFUAMADI s’adressa aux congolais au nom de la médiation sud-africaine. Il affirma, notamment, que la RSA était fière pour le privilège que le Congo lui avait accordé de donner sa contribution à la réussite de l’accord. Le ministre souligna que s’il a été difficile de négocier pour arriver à la signature de l’accord, le grand défi restait néanmoins la mise en application de celui-ci ; et d’arriver à répondre aux espoirs, attentes et aspirations du peuple congolais d’abord, des africains ensuite, et du reste du monde pour finir.

 

Du déroulement de la cérémonie             

Mgr. MARHINI a fait la prière d’ouverture et a procédé à une petite prédication en s’appuyant sur trois textes bibliques dont Matthieu 7 :12 sur la réciprocité du traitement ; Romains 12 :3 sur la nécessité d’être humble et modeste dans un esprit communautaire ; et Philippiens 2 :4 mettant en exergue l’esprit de partage. Après la prière musulmane sous Mr AZIZ KUMBI et la prière de madame Eve Bazaïba, en arabe et en français, les femmes ont entonné la cantique « Le Congo sera sauvé ». La médiation a alors procédé à la distribution du projet d’accord à toutes les composantes et entités, et il leur a été demandé de l’examiner pendant 30 minutes puisque ce n’était pas un nouveau texte. Ils le connaissaient déjà pour l’avoir analysé depuis le jeudi 12 décembre. Les femmes du Caucus se sont trouvées des coins pour prier et combattre les mauvais esprits qui tenterait d’empêcher la signature de l’accord. Pendant tout le temps que les délégués examinaient le projet d’accord, les femmes du Caucus priaient et imploraient la grâce de Dieu pour que tout se passe bien. L’opposition non armée a contesté la volonté du médiateur de faire signer la société civile en premier. Elle estimait que c’était aux belligérants de signer en premier. La motion de procédure soulevé par l’opposition politique a été acceptée par la médiation et on a rectifié en commençant par les belligérants.

La cérémonie de la signature a eu lieu pendant toute la nuit sous une forte pluie, jusqu’au matin à 7h30. Le médiateur a fait un petit mot de circonstance dans lequel il a rappelé la signature de l’accord de Lusaka en juillet 1999, la signature de l’accord de Pretoria entre le Rwanda et le Congo le 30 juillet 2002 et il a évoqué l’accord de paix qui venait d’être signé entre congolais le mardi 17 décembre 2002. Il a annoncé par la suite que l’étape suivante serait la convocation de la grande messe par le facilitateur MASIRE pour entériner l’accord signé. Les différentes composantes ont présenté leur mot de circonstance et la séance a été levée sur une mélodie de l’hymne nationale. Aussitôt après, devant la salle des plénières, les femmes du Caucus ont entonné une célèbre chanson de louange alors que les différentes délégations quittaient la salle : « Yembela ye na esengo, alleluia, Nkolo Yesu alongi etumba ».

Les femmes du Caucus furent accueillies avec chaleur, prières et chants d’allégresse par le personnel du Guest House, avec le propriétaire et sa famille. Elles ont retiré, auprès de PNUD/Pretoria, le chèque de 1000 $ leur envoyé par UNIFEM et le mercredi 18 décembre, elles ont été servies à la banque et chacune d’elle a reçu ses 950 R, presque la contre-valeur de 100$.

Jeudi 19 décembre à 7h du matin, elles ont quitté Pretoria, toutes vêtues en T-shirt sur lesquels il était écrit « Femmes congolaises mobilisées pour la paix et l’unité nationale ». Elles arrivèrent à Kinshasa à 17h après une escale à Lubumbashi.

Mardi 24 décembre : toutes les femmes déléguées et expertes qui étaient revenus de Pretoria furent conviées à une restitution à l’intention des femmes catholiques, la veille de Noël, à la paroisse Saint Raphaël à Limete. Parmi les déléguées, mesdames Ellysée Dimandja, Marie Madeleine Kalala et Eve Bazaïba prirent la parole. Mesdames Grâce Lula, Chantal Malamba et Rose Ntumba, expertes, présentèrent tour à tour le travail réalisé par le Caucus des femmes. D’autres femmes déléguées et expertes étaient également présentes à ces assises. C’est le cas des dames Mayuma Kala, Georgette Biebie, Monique Kande et Carole NKoy. 

Difficultés rencontrées

À plusieurs reprises, les femmes des composantes belligérantes, et celles du gouvernement en particulier, ont oublié qu’elles devaient se placer au-dessus des considérations de leurs composantes pour rester femmes d’abord. Il est nettement apparu la formation de trois camps distincts : deux camps de Kinshasa constitués d’une part de mesdames Monique NKande et Chantal Malamba ; et d’autre part de Eve Bazaïba et Grâce Lula. Chaque fois qu’une initiative était prise ou proposée par le camp de celles-ci, elle était aussitôt attaquée, bloquée ou contredite par les deux premières. Cela a, par moment, provoqué des frictions et des contradictions flagrantes au cours des travaux et a failli faire capoter même une action pour laquelle AAWP s’était investi corps et âme à aider les femmes à la réussir, le 10 décembre 2002. Le troisième camp était celui des femmes de provinces qui jouaient au tampon entre les deux camps de Kinshasa, essayant de ramener l’harmonie entre tous. Une autre difficulté résidait dans l’attitude de la facilitatrice de l’UNIFEM. Partageant, dès le départ, la même chambre que Monique NKande et Chantal Malamba. Elle a eu quelques difficultés à se mettre « au milieu du village ».  Il y avait aussi des difficultés d’ordre organisationnel et logistique dont, notamment, un manque d’ordinateur à disposition du secrétaire-rapporteur du Caucus pour rédiger des rapports sans avoir à recourir au lap top de la facilitatrice. Raison pour laquelle la directrice et la facilitatrice n’ont pas pu disposer du rapport de la deuxième partie de la mission du Caucus.  Il faut signaler la non prise en charge des femmes des provinces en transit à Kinshasa, avant leur retour dans leurs provinces respectives.